HAUT DE PAGE



Feux d'artifice
Les 14 et 15 juillet, grand rassemblement anti OGM à Verdun sur Garonne (Tarn et Garonne). Au programme : stands, débats, et …travaux pratiques. Pour plus d'infos : www.monde-solidaire.org



Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Où il y a du transgène, y a pas d'plaisir

Et si l'impudence du débat OGM européen se grippait dans le Gers ? Après la réception officielle de 16 312 signatures - représentant donc bien plus que les 10 % des électeurs inscrits requis - le Conseil Général gersois est en mesure de lancer le premier référendum d'initiative citoyenne en la matière. Certes, on sait que le Gouvernement va tenter de trouver des arguties juridiques pour bloquer cette importante consultation, mais il y a de fortes chances que, début septembre 2005, ce scrutin soit un temps fort du combat anti transgénique…

Ailleurs, sous diverses formes, la mobilisation ne faiblit pas. Le 27 mai, ce sont les États signataires de la Convention d'Aarhus, qui ont modifié ce texte onusien (adopté par l'Union et juridiquement contraignant) qui a pour objet de permettre un libre accès à l'information et à la justice en matière d'environnement. Dès la ratification de cet amendement par les 3/4 des pays adhérant à la Convention, la consultation du public deviendra obligatoire pour toute dissémination ou mise sur le marché d'OGM, et l'avis de celui-ci devra être pris en compte dans le processus décisionnel.

Après la journée du 18 juin, où l'on a vu des centaines d'organisations dans des dizaines de pays animer des actions contre les OGM, c'est au Parlement européen, le 30 juin que le débat s'est transporté. À l'initiative du réseau Inf'OGM, et grâce à la connivence (et en présence) de José Bové et Gérard Onesta, un colloque international a été organisé pour dénoncer l'ensemencement transgénique en cours des terres bulgares et roumaines. Car les multinationales de la manipulation génétique pensent avoir trouvé là un "cheval de Troie" : polluer à grande échelle les sols des pays qui ne sont pas encore couverts par la législation de l'Union, en espérant rendre ainsi cette pollution irréversible au jour prochain où ses États adhéreront à l'Europe.

Victoire majeure : le 24 juin, c'est du côté du Conseil des Ministres de l'Union que le mécano infernal des OGM s'est encore un peu plus bloqué. Désaveux cinglant pour la Commission européenne, 22 des 25 États (!) ont refusé de lever les mesures d'interdiction de mise sur le marché d'OGM, pour cause de risques pour la santé et l'environnement. Grande première : il ne s'agit plus de minorité de blocage, mais de réorientation politique demandée à la majorité qualifiée !

Autant d'éléments qui font que le procès phare qui verra bientôt la comparution de quelques "faucheurs volontaires" (parmi lesquels José et Gérard, mais aussi Noël Mamère), s'annonce peut être sous de bons auspices. L'audience se tiendra à Toulouse les 20 et 21 septembre prochains, et ce, directement en appel, les prévenus étant privés - par un curieux raccourci du "droit" - du double degré de juridiction… Les faucheurs seront peu nombreux à la barre, car bien que le jour de l'action les médias en aient dénombré 1000, et les gendarmes dûment répertoriés 400, la justice - qui ne dément pas sa réputation de cécité - elle, n'en a étrangement vu que …9 !