«Oui
les OGM sont dangereux... pour la liberté de la presse
!»
30 juin 2006
Nous
reproduisons ici un communiqué daté du 27 juin
2006, signé par un collectif de syndicats (CGT - CFDT -
SNJ – SJAFO) de FR3 Centre (Acrimed).
Les
faucheurs qui s'attaquent aux champs d'OGM ne sont plus les
seuls à risquer des poursuites judiciaires. Les
journalistes qui traitent ce sujet peuvent aussi être
inquiétés. Plusieurs journalistes de la station
France 3 Centre à Orléans font actuellement
l'objet de ce qui ressemble bien à une tentative
d'intimidation de la part du Ministère public.
Les
15 et 16 mai s'est déroulé le procès en
appel des faucheurs du Loiret à Orléans. Les
éditions de France 3 en ont fait un compte-rendu le plus
exhaustif possible en soulignant la différence de
qualité par rapport au procès en première
instance quelques mois plus tôt devant le tribunal
correctionnel.
Le compte-rendu relatait notamment la
façon dont le président de la cour d'appel avait
mené les débats, coupant régulièrement
la parole aux prévenus et commettant quelques erreurs de
compréhension au sujet de la propagation des OGM.
Des
faits qui ont apparemment déplu aux magistrats. Au
lendemain du procès des policiers se sont présentés
à la station pour obtenir la copie des journaux
concernés.
Ils agissaient dans le cadre d'une
enquête préliminaire à la demande du
procureur d'Orléans qui a ouvert des poursuites pour
«discrédit public jeté sur une procédure
judiciaire», article 434/25 et 434/44 du code pénal
passible de 6 mois de prison.
Dans les jours qui suivent
les magistrats de la cour d'appel envoient une motion à
la rédaction nous appelant à plus d'impartialité
dans le traitement des procès. Puis une réclamation
est posée devant le CSA. Enfin le 23 juin dernier le
rédacteur en chef de France 3 Centre et le journaliste
qui a suivi le procès sont auditionnés par la
police judiciaire.
On leur demande de «commenter»
l'ensemble de ce qui a été dit à
l'antenne. Puis l'interrogatoire porte sur les quelques
passages relatant la façon dont le président a
mené les débats. Les policiers demandent au
journaliste s'il pense avoir fait son travail de manière
impartiale, s'il pense être de parti pris.
Après
la police, c'est ensuite la gendarmerie qui entre en jeu le 26
juin. Elle convoque une autre journaliste de France 3 Centre
qui, elle, a couvert une nouvelle action de fauchage.
On lui
demande cette fois de citer ses sources.
Trois auditions
en quelques jours. Trois auditions qui se sont visiblement
déroulées en urgence à la veille de
l'arrêt de la cour d'appel le 27 juin sur le procès
en appel des faucheurs.
Difficile d'y voir autre chose
qu'une volonté de faire pression sur les journalistes
pour s'assurer cette fois un compte-rendu conforme aux attentes
du ministère public. Face à ces atteintes à
la liberté de la presse, les journalistes de France 3 ne
se laisseront pas intimider et sauront se mobiliser si cette
affaire va plus loin.
Pour
la CGT : Patrick Dehais - Pour la CFDT : Pierre Bouchenot -
Pour le SNJ : Olivier Gadeau - Pour le SJA-FO : Brigitte
Rivoire