HAUT DE PAGE












Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°1 – HIVER 1999-2000 L'Europe vue de Midi-Pyrénées
Un espoir nommé Gnidia kraussiana

Dans les années 60, le jeune docteur Pierre Tubéry découvre en Afrique que des guérisseurs camerounais utilisent le "gnidia kraussiana" contre certaines maladies incurables. L'action de cette plante est ensuite démontrée, et le monde médical sollicite de plus en plus l'équipe du docteur Tubéry. Des malades fondent en 1981 "l'association solidarité", qui est le principal actionnaire du laboratoire qui prépare le produit et qui se charge de sa distribution. En 1995, deux médecins anonymes portent plainte pour utilisation illégale d'un produit aux propriétés médicamenteuses. L'enjeu : la fermeture pure et simple du laboratoire. En toile de fond, les industries pharmaceutiques qui, au nom de la rentabilité, oublient trop souvent l'intérêt des malades.

Rencontre avec Pierre Tubéry
Comment vous êtes-vous rendu compte de l’efficacité de cette plante ?
En Afrique, j’ai remarqué que la plante avait des effets étonnants sur les lépreux. De retour en France, j’ai confié des échantillons de gnidia kraussiana au muséum d’histoire naturelle et au laboratoire de toxicologie de Toulouse, qui ont démontré l’action de la plante sur les défenses immunitaires. Des études plus poussées du Pr. Amiel, de Villejuif, montrent les effets positifs sur des souris atteintes de leucémie.
Les résultats toxicologiques des études nous autorisent, scientifiquement mais pas administrativement, à prodiguer ces produits à des cas désespérés de malades atteints de leucémie. Les effets ne sont pas miraculeux mais très encourageants.

Pourquoi, depuis toutes ces années, aucun établissement pharmaceutique n’a-t-il voulu prendre en charge les recherches ?
Pas assez lucratif. De plus, l'agence du médicament nous demande des tests biologiques supplémentaires pour permettre les essais cliniques officiels. Coût de ces tests : 5 millions de francs. Notre laboratoire ne peut les supporter. Mais la plainte de 1995 montre bien la cruauté du système. Si un médicament dont l'action bénéfique est démontré, n'est pas jugé rentable par les établissements pharmaceutiques privés, ses promoteurs peuvent finir au tribunal et les patients au cimetière. Le premier jugement nous a condamnés à 2500 F d'amende, mais rien sur la fermeture du laboratoire, réclamée par nos accusateurs. Ils ont fait appel, mais le jugement a été confirmé : le laboratoire peut rester ouvert et l'association Solidarité peut continuer ses activités.

Que demandez-vous à présent ?
Que soit appliquée la loi de 1946 sur la sécurité sociale, qui prévoit que “ si un remède utile à la santé n’est pas pris en charge par un établissement pharmaceutique privé, le ministère de la Santé peut en confier le soin à une institution publique ”. Ce texte n’a jamais été appliqué : on ne s’attaque pas à la chasse gardée de l’industrie pharmaceutique. L’Europe(*) doit maintenant se saisir de ce problème. Peut-elle accepter que des multinationales dictent leurs conditions ? Qu’au nom de la rentabilité, des malades ne puissent pas bénéficier d’un médicament qui peut les soulager, voire les guérir ?
(*) Au Parlement européen existe un intergroupe "médecines complémentaires" auquel appartient l’écologiste belge Paul Lannoye, auteur d’un rapport parlementaire sur "le statut des médecines non conventionnelles" (mars 1997), disponible auprès de Gérard Onesta.

Docteur Pierre Tubéry,
586 route de la Fougarousse, 31600 LAMASQUERE,
Tél : 05.62.23.08.30