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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°7 – ETE 2001 L'Europe vue de l'Hémicycle
Malgré l'urgence, l'Europe patine

L'exclusion sociale, les licenciements, l'Europe en parle d'autant plus qu'elle agit peu.
Le Parlement Européen a adopté en seconde lecture un programme d'action contre l'exclusion sociale, augmentant certes de 30 millions d'euros (pour la porter à 100) l'enveloppe budgétaire, mais se gardant bien de prendre des mesures concrètes. Si les indicateurs nationaux devraient être harmonisés par cohérence, rien n'est dit sur le partage des richesses (fiscalité, temps de travail, revenus minima…).
Parallèlement la commission des affaires sociales du Parlement a organisé une audition publique pour évaluer les carences du droit social européen. Un an après le sommet de Lisbonne, qui devait mettre l'emploi au cœur du débat (via les - déjà plombées - nouvelles technologies), la députée verte Hélène Flautre, qui siège à cette commission, a dénoncé la lenteur des 3 directives "sociales" éternellement en gestation. Devant des représentants de la Confédération Européenne des Syndicats, Hélène a soutenu leur demande de révision de celle de 1994 dont les carences sont manifestes (comité d'entreprise aux pouvoirs limités, seuil de 1000 salariés pour être informé…). Idem pour la directive dite "Vilvoorde" (consultation des salariés avant un plan social pour toute entreprise de plus de 50 personnes), qui est toujours bloquée - merci les Britanniques - tandis qu'en l’absence d'harmonisation, les multinationales jonglent avec les lois des Etats qui les arrangent. Quant au projet de directive sur "l'implication des salariés dans les Sociétés Européennes", il risque d'être limité aux entreprises qui adopteront ce nouveau statut.
Le groupe Vert/ALE, qui accueille régulièrement au Parlement des victimes de l'absence d'Europe sociale (licenciés de chez Michelin, Danone, Marks & Spencer …) peut affirmer, comme l'a dit Hélène, que "l'exécutif européen doit, en urgence, mettre autant d'ardeur à défendre les salariés-citoyens que la libre concurrence !"