Carré
d'Europe N°12 – AUTOMNE 2002 L'Europe
vue d'Aquitaine
Et
si l'Europe sociale passait par Bayonne ?
L’entreprise
allemande Ruwell fabriquait à Bayonne des circuits
imprimés. En avril dernier, les 350 salariés
recevaient leur lettre de licenciement.
Et c’est
toujours le même schéma…
Un terrain est
offert par la commune de Bayonne pour ouvrir une usine qui
permettra, bien sûr, de créer beaucoup d’emplois.
A l’époque c’est SONY qui profite de
l’aubaine. Ce qui ne l’empêche pas, quelques
années plus tard, de revendre le terrain à Ruwell
France pour 45 millions de francs qui le cède à
son tour à Ruwell alim pour 17 millions…
"Quand
un grand groupe veut la fin d’une de ses filiales sans
que ça lui coûte trop d’argent et pour mieux
bénéficier des aides publiques ailleurs, la chose
est simple" déclare Martine Bisauto, membre de la
CFDT Pays Basque et porte parole des Verts Basques,"on
impose des prix d’achat les plus bas possible qui ne
tardent pas à entraîner l’insolvabilité
de la filiale facilitant la liquidation judiciaire"
précise-t-elle. La preuve. La maison mère fait
construire en Allemagne une usine hyper moderne qui a,
semble-t-il, bénéficiée de subventions
européennes.
L’Europe sociale est à
construire pour interdire de telles pratiques. L’Europe
syndicale aussi. Comment des travailleurs européens
peuvent-ils laisser faire ses industriels qui n’hésitent
pas à déshabiller jacques pour habiller Paul ?
Une délégation de la CFDT Pays Basque a été
reçue au Parlement Européen en juin dernier à
l’invitation de la Gauche Unie Européenne (GUE).
Des euro-députés Verts, dont Gérard
ONESTA, faisaient partie de la délégation qui a
rencontré les syndicalistes. Tous se sont entendus pour
dénoncer l’escalade des dotations de subventions
aux groupes de dimension internationale, aussi bien en France
qu’en Europe ainsi que les carences et le vide juridique
social européen.
Peut-être que la future
constitution européenne permettra de jeter les bases
d’une Europe exigeante socialement et moins soumise au
pouvoir de l’argent.