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Petit tour d'Europe

La première attaque européenne en règle contre les retraites était venue de Barcelone en mars 2002, où les chefs d’État et de gouvernement - dont un certain Jospin - avaient proposé de repousser l’âge réel de départ à la retraite, actuellement de 59 ans en moyenne en Europe, de 5 années supplémentaires.

La plupart des pays de l'Union ont opté, totalement ou partiellement, pour un système par capitalisation. En Allemagne, l'âge de départ à la retraite de la plupart des fonctionnaires a été porté, en 1997, de 62 à 63 ans. Pour les autres salariés, cet âge est fixé à 65 ans. Au Royaume-Uni, l'âge de départ des femmes, actuellement de 60 ans, rejoindra celui des hommes : 65 ans.

En Suède, le départ à la retraite est prévu entre 61 et 70 ans, les salariés étant incités à prolonger leur activité.

En Italie, l'âge légal d'accès aux pensions est de 60 ans pour les femmes et 65 ans pour les hommes. Dans les pays scandinaves, un relèvement progressif d'un demi-point des cotisations a permis de constituer des réserves équivalentes à deux fois les dépenses annuelles du régime, mais ce fonds devrait être épuisé en 2040. Récemment des fonds similaires ont été créés en Irlande, en Espagne, au Portugal et en France.


Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°15 – ETE 2003 L'Europe vue de Languedoc-Roussillon
Ne pas sonner la retraite

Le 13 mai dernier, la rue le disait pour la première fois à pleins poumons : la copie du gouvernement français sur le financement des retraites est mauvaise. Il est vrai qu'assurer la pérennité des pensions par l'allongement abrupt des durées de cotisation est insupportable. Les Verts Languedoc insistent sur d'autres variables : augmenter le nombre de cotisants en luttant contre le chômage, faire participer l'ensemble des revenus, y compris patronaux et boursiers, au financement des pensions, adapter la durée des années de travail à la pénibilité de celui-ci… À Montpellier, la défense des retraites a mobilisé. Pour Jean-Louis Roumégas, adjoint Vert et conseiller d’agglomération, "des manifestations si massives, inconnues depuis bien longtemps, montrent bien l'ampleur de l'inquiétude".

Mais le même jour, l'Europe, plus discrètement, se penchait aussi sur l’avenir de nos retraites… et ce n’est pas d'elle que viendra le salut des systèmes par répartition. Ce 13 mai, les ministres des finances des Quinze ouvraient en effet définitivement le marché des fonds de pension privés.

Les gestionnaires de ces fonds, après une accréditation européenne imposant quelques règles prudentielles, pourront vendre leurs produits aux entreprises - mais pas encore aux particuliers - dans toute l’Union. C'est peu dire que le marché est juteux, le secteur des retraites privées gérant 2 500 milliards d’euros, soit 30 % du PIB de l’Union ! Et le très libéral Frits Bolkestein, Commissaire chargé du marché intérieur, de saluer "une avancée majeure", en ajoutant : "les retraites par répartition vont représenter un poids intolérable sur les finances publiques dans les pays où elles sont la règle". Dans les couloirs de la Banque européenne on craint aussi, à travers la dette, pour la santé de l'euro : la part du PIB européen consacrée aux retraites, de 10,4 % en 2000, devrait progresser avec l'allongement de l'espérance de vie, couplé à un bas taux de natalité. Mais ces données devraient être revues si l’Europe changeait de vision sur l’immigration et réfléchissait à ses retraites de façon plus solidaire et globale.

Depuis 3 ans, l'écroulement des places boursières - et des pensions qui leur étaient indexées - aurait pourtant dû doucher l'enthousiasme de ceux qui enviaient la Grande-Bretagne. Celle-ci, par le système de capitalisation, a réduit le montant de ses retraites publiques à 5 % de son PIB.

Matignon, planqué derrière le tabou des fonds de pensions, ne veut voir dans cette directive qu'une forme d'épargne salariale. Quant à la Commission, qui rappelle que les retraites sont du ressort des seuls États, elle dit benoîtement n'être intervenue qu'au nom de la "défense des libertés de prestation de services" inscrite dans le Traité…

Que l'on sache donc, en Languedoc comme ailleurs, que, pour Bruxelles, "désamorcer la bombe démographique" se résume à faciliter aux seuls riches la création de réserves en capitaux. Quant aux autres…

Contact
Jean-Louis Roumégas,
Mairie de Montpellier, 1, place Francis-Ponge, 34064 Montpellier Cedex 2
Tél : 04 67 34 72 51
Fax : 04 67 34 71 09