Carré
d'Europe N°10 – PRINTEMPS 2002 L'Europe
vue d'Aquitaine
Ondes
troubles
On
se souvient que la Commission européenne avait, pendant
des années, nié le danger de l'amiante, avant de
déménager en urgence de ses propres locaux
bruxellois quand elle découvrit qu'ils en étaient
mortellement saturés. "Va-t-on, de la même
manière, faire les autruches avec les ondes
électromagnétiques ?". C’est la
question que pose Véronique Castaignède, membre
des Verts des Landes et responsable de l'association des
parents d’élèves à Sanguinet.
Avec
l’accroissement du nombre de téléphones
portables, les antennes-relais ont envahi les hauteurs de nos
paysages : toits d’immeuble, châteaux d’eau,
cime de pylônes. Ce fut même une véritable
chasse aux "meilleurs emplacements", c'est-à-dire
proches des populations que l'on veut "arroser"…
Véronique
et son association se sont illustrées dans le combat
contre deux de ces antennes-relais de téléphonie
mobile, installées juste au-dessus de l’école.
Des pourparlers sont en cours, mais les antennes sont toujours
là… "Le principe de précaution doit
s'imposer, déclare-t-elle, des pays du nord de l’Europe
l’appliquent déjà !"
Il n’existe,
hélas, aucune législation en France dans ce
domaine… et l'Europe tarde à "émettre
un signal législatif" cohérent. Les antennes
peuvent donc être installées n’importe où,
surtout dans les lieux où les populations sont
sous-informées. Les HLM, par exemple, en accueillent un
nombre certain, pour quelques centaines d’euros par an
l'emplacement. Un maire peut éventuellement s’opposer
à l’implantation dans certaines zones sensibles :
à proximité des écoles, des maisons de
retraite, des hôpitaux. Encore faut-il qu’il soit
sensibilisé au problème, qu’il y ait eu une
forte mobilisation citoyenne, et que le projet soit sur le
domaine public. En fait, seuls les "Bâtiments de
France" peuvent refuser une implantation dans le domaine
privé, pour des raisons… esthétiques
!
Alors pourquoi ne pas légiférer ? André
Aschiéri, député apparenté Vert à
l'Assemblée nationale, a organisé, avec le groupe
d’études "Santé Environnement",
une conférence de concertation sur le sujet. Les enjeux
économiques pour les opérateurs de téléphonie
mobile sont bien évidemment de taille. Les
recommandations issues de cette conférence doivent
permettre d’élaborer une loi nationale et de
remplir ainsi le vide juridique. Mais les lobbies freinant, ce
ne sera pas pour cette législature...
Des
recommandations européennes existent pourtant, mais
s’appuient sur des études qui n’ont pas été
actualisées depuis 20 ans. Les champs électriques
pour les fréquences d’Orange et de SFR sont fixés
à 41 V/m (Volts par mètre) et 58 V/m pour
Bouygues, alors que la Suisse ou l’Italie, par exemple,
ont des limites bien plus basses : 5 et 6 V/m. Même
certains pays est-européens, ou encore la Chine -
souvent peu regardants en norme sanitaire - ont des normes
équivalentes à nos voisins. En Autriche, des
villes veulent même imposer seulement 0,1 V/m.
Le
rapport de l'eurodéputé Vert (et biologiste)
Gianni Tamino, adopté par le Parlement européen
en mars 1999, préconisait, lui, 1 V/m. Depuis, pas de
directive européenne en vue. Lourd "silence radio",
comme dans l'attente d’un nouveau scandale...
L’eurodéputé
Vert Paul Lannoye a édité une remarquable
brochure sur les dangers des antennes-relais.
Contact :
00 32 2 284 56 95
e-mail : plannoye@europarl.eu.int
Véronique
Castaignède
379, chemin de l’Estey, 40460
Sanguinet
Tél : 05 58 78 68 59
André
Aschiéri
Casier de la Poste, Palais Bourbon,
75355 Paris 07 SP
www.aschieri.net