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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Carré d'Europe N°13 – HIVER 2002-2003 L'Europe vue de Midi-Pyrénées
Molécules sous contrôle ?

Votre santé a été doublement évoquée par le Parlement Européen en sa session d'octobre 2002. La directive relative à la mise sur le marché des médicaments humains et vétérinaires, et le règlement régissant l¹Agence Européenne d¹Évaluation des Médicaments (AEEM) ont été votés en première lecture.
Ces débats sont très suivis dans nos régions par ces acteurs de terrain que sont les médecins. Ainsi Jean Doubovetzky, médecin à Albi, se félicite que l¹enregistrement des nouveaux médicaments par l¹Agence européenne plutôt que par les autorités nationales ait été accepté : "C¹est le meilleur moyen pour permettre à tous les citoyens européens d¹avoir accès à des médicaments soumis aux mêmes standards". Didier Claude Rod, eurodéputé Vert, va dans ce sens : "Par ce vote, le Parlement Européen s'oppose à la logique mercantile de la Commission Européenne, dont l'objectif premier est de promouvoir la compétitivité des firmes pharmaceutiques". On peut en effet espérer que cette agence européenne soit moins sous la pression des firmes nationales, et surtout mette fin à la pratique qui consiste à faire enregistrer un médicament dans le pays où l'évaluation est la plus laxistesŠ ce qui lui vaut ensuite homologation systématique ailleurs. Une précaution indispensable en vue du futur élargissement de l'Union.
Carré d¹Europe, s'est déjà inquiété des projets de la Commission sur la publicité des médicaments. Les eurodéputés n¹ont heureusement pas repris cette proposition dictée par les seuls profits du lobby pharmaceutique, mais ont prévu par contre un accès facilité aux données de l¹AEEM : évaluation scientifique d¹un médicament, rapport coût/bénéfices, raisons de son autorisation ou de son rejet..."En revanche, la majorité des députés n'ont pas soutenu nos amendements visant à assurer une plus grande indépendance de l'Agence européenne, notamment par la participation des groupes de patients à ses décisions" s'inquiète Didier-Claude.
De plus, la Commission veut toujours supprimer la réévaluation, tous les 5 ans, des médicaments mis sur le marché, évoquant des "lourdeurs administratives"... Cette réévaluation permet pourtant de d'évaluer, avec du recul, le rapport bénéfice/risque des médicaments. ³Ce devrait être aussi l¹occasion de comparer ces médicaments avec les nouvelles molécules afin de déterminer si leur valeur thérapeutique justifie leur maintien sur le marché² précise Jean Doubovetzky. Cette tentative de suppression ne serait-elle pas due au fait que la politique du médicament reste, au niveau de la Commission Européenne, sous l¹égide de la Direction Générale "Entreprise", et non celle de la "Santé et Protection des Consommateurs" ?
Les patients et les médecins, à Albi comme ailleurs, attendent maintenant la deuxième lecture de ces textes, qui risquent fort d'être édulcorés par le Conseil, traditionnellement plus soucieux des intérêts industriels de chacun, que de la santé de tous...
Didier Claude Rod
e-mail :
drod@europarl.eu.int