Quand
l'ABUL percera !
Carré d'Europe N°7 –
ETE 2001 L'Europe vue d'Aquitaine
L'ABUL
n'est pas une filiale d'une grande entreprise informatique bien
connue. Loin de là.
Il s'agit d'une association
bordelaise promouvant les logiciels libres, ces programmes
informatiques que tout le monde a liberté d'utiliser et
de distribuer gratuitement, mais aussi de modifier et d'adapter
à ses besoins. Ils ont pris leur essor avec Internet
dans les années 90. Le développement des
applications se fait essentiellement par les utilisateurs
connectés sur le réseau mondial, chacun offrant
aux autres ses modifications pour rendre les logiciels plus
performants.
Le système d'exploitation le plus connu
est Linux, du nom de son inventeur en 1991, un étudiant
finlandais : Linus Torvalds. Depuis 1994, date de diffusion de
la version 1.0 de Linux sur le Web, le logiciel a été
enrichi et optimisé grâce à ce
"remue-méninges" collaboratif. C'est
maintenant l'un des systèmes les plus performants et les
plus stables du marché, qui peut s'adapter à tous
types de matériels. Même les ordinateurs anciens
peuvent en profiter, donc plus la peine de mettre au rebus
votre vieux Pentium 1 qui rame sous "Windaube"…
Plus
d'un an après le Sommet européen de Lisbonne qui
annonçait la volonté de l'Union de mettre les
nouvelles technologies au cœur de son développement,
Internet se révèle ici comme un outil de
démocratie directe, pouvant permettre l'émergence
de fabuleux systèmes, en court-circuitant les stratégies
de profits des multinationales de l'informatique. La base de
cette richesse partagée est l'échange
d'expérience. L'argent compte peu, même si le
succès des logiciels libres oblige les industriels
dominants comme IBM et Sillicon Graphic à intégrer
cette nouvelle donne. Ainsi, 60 % des serveurs Web utilisent le
système d'exploitation Linux et le serveur Web libre
Apache.
L'ABUL regroupe les utilisateurs de logiciels libres
de la région bordelaise, qui, par l'entraide à
l'installation, en font la promotion. Elle œuvre aussi
pour l'implantation de tels logiciels dans l'éducation,
pour que les problèmes de budget ne soient pas prétexte
à créer une "fracture numérique"
entre ceux qui auraient accès à ces nouveaux
outils de connaissance, et ceux qui en seraient exclus.
Priorité affirmée durant le trimestre écoulé
au travers de pas moins de quatre rapports du Parlement
Européen (voir listes des textes adoptés).
L'association
organise depuis deux ans les Rencontres Mondiales du Logiciel
Libre (RMLL) qui - même si les aides communautaires sont
rares - regroupent les ténors du système et des
scientifiques de renommée internationale. Ces rencontres
- gratuites - sont aussi destinées à un large
public avec des démonstrations de tels logiciels pour le
graphisme, la musique, Internet, l'éducation,
l'administration ou l'entreprise. Les initiateurs souhaitent
que l'argent ne soit pas un obstacle pour les porteurs de
projets, en particulier ceux venus d'Asie ou d'Europe de l'Est,
qui sont par définition bénévoles. Les
frais sont donc partagés. Solidarité, partage,
c'est la philosophie de ce concept.
Les rencontres se sont
tenues début juillet. Au moment où nous
imprimons, d'éminents représentants de l'État
avaient annoncé leur participation : Laurent Fabius,
ministre de l'Économie et des Finances, Christian
Pierret, secrétaire d'État à l'Industrie,
et Guy Hascoët, secrétaire d'État à
l'Économie Solidaire. Un intérêt certain
pour une autre économie en Europe, où la
recherche du profit n'est pas le seul moteur du développement.
Contact
http://lsm.abul.org
e
mail : chiron@cr-aquitaine.fr