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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
- Le
concubinage des éléphants ?
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Les
nouveaux ne furent pas les plus assidus. À peine un
électeur slovaque ou polonais sur cinq s'est déplacé
pour élire le premier parlement de l'Europe élargie.
Du côté des "15 anciens", la
participation ne fut guère plus brillante : 47,7 % de
votants, à comparer aux 63 % d'eurocitoyens qui, en
1979 avaient voté pour leur assemblée commune.
Pollué par les enjeux nationaux, le débat
européen n'est pas sorti grandi des urnes...
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L'arc-en-ciel
de l'hémicycle - qui est passé de 636 à
732 sièges - semble avoir peu évolué,
mais risque d'être cadenassé par les "éléphants".
C'est ainsi que l'on surnomme les deux groupes dominants, le
PPE (Parti Populaire Européen) qui aligne les 268 élus
(dont 17 UMP) de la droite conservatrice, suivi du PSE (Parti
des Socialistes Européens) fort de 200 membres, dont 31
français. En absence de majorité absolue, la vie
dans l'hémicycle restera-t-elle animée par la
recherche - complexe mais passionnante - d'accords sur chaque
texte ? Les 42 député(e)s Verts/ALE, parmi
lesquels les 6 vert(e)s français(es), sont passés
maîtres dans le rôle du groupe charnière,
bloquant ou permettant l'adoption de nombre d'amendements.
Mais l'accord - dit "technique" - scellé en
juillet par le PPE et le PSE pour se partager les postes clés,
pourrait polluer la vie démocratique de l'assemblée
s'il devait se banaliser.
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C'est
grâce à cette alliance contre-nature que la
Présidence du Parlement est revenue, pour une demi
mandature, au socialiste espagnol Josep Borrell, en échange
d'un renvoi d'ascenseur à mi-parcours, pour y installer
le réactionnaire Hans Gert Pöttering, président
du PPE. Ce deal, peu glorieux, s'est prolongé dans le
partage des présidences de commissions, où une
complaisante abstention socialiste a permis à une élue
PPE, anti-avortement et homophobe, de s'emparer de la
Commission des Droits de la Femme et de l'Égalité
des Genres. Les Verts avaient pourtant démontré
qu'une majorité alternative existait, et qu'un partage
plus séduisant était possible entre M. Borrell
et M Geremek - ancien de Solidarnosc - candidat du groupe ADLE
(Alliance des Démocrates et des Libéraux pour
l'Europe) dont les 88 membres (dont 11 UDF) prônent le
conservatisme économique mais sont progressistes sur
les sujets de société. Les 41 membres du groupe
GUE (Gauche Unitaire Européenne) agglomérant les
eurocritiques de gauche (dont 3 communistes français)
en rejetant cette option, ont poussé PSE et PPE à
marcher trompe dans la trompe...
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Les
anti-européens, eux, continuent d'être
marginalisés dans l'hémicycle, éclatés
entre les 36 membres de IND-DEM (INDépendance et
DEMocratie) dont 3 élus MPF, les 27 de l’UEN
(Union pour l'Europe des Nations), et les 30 NI (Non-inscrits)
où siègent les 7 députés FN.
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Forts
de leur homogénéité face à des
groupes disparates - il faut voir, par exemple, la
dispersion lors des votes entre les "blairistes" et
les "zapateristes" - les Verts demeurent, dans
l'hémicycle, de vrais faiseurs d'Europe...
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Site
web du groupe Vert/ALE : www.greens-efa.org
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