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Gérard ONESTA
Député Vert européen,
Vice Président du Parlement européen




Le Parlement de Strasbourg retoque le budget européen
par Jean QUATREMER - Libération du jeudi 19 janvier 2006

Les eurodéputés ont rejeté massivement les «perspectives financières 2007-2013» adoptées par les Etats membres.

Le Parlement européen a refusé, hier, les «perspectives financières 2007-2013» adoptées, non sans difficulté, par le Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement, les 15 et 16 décembre dernier. Le mécontentement des eurodéputés se reflète dans l'ampleur du rejet qui transcende tous les partis politiques et toutes les nationalités: 541 voix contre, 56 pour et 76 abstentions... C'est la première fois que le Parlement européen refuse ainsi en bloc les propositions budgétaires adoptées par les Etats membres.

Réquisitoire. Les eurodéputés, dans leur résolution, se livrent à un véritable réquisitoire contre la décision des capitales de limiter les dépenses à 1,045 % du produit intérieur brut (PIB) communautaire, soit 862,36 milliards à partager sur sept ans entre 27 pays ­ sachant que la Roumanie et la Bulgarie doivent en principe adhérer début 2007. Le Parlement, partisan d'un budget à la hauteur de l'Europe élargie, s'était prononcé, lui, pour un plafond de dépenses à 1,18 % du PIB. La fureur des députés est d'autant plus grande que, pour la première fois dans l'histoire communautaire, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont mis d'accord sur une baisse des dépenses. En effet, le budget 2006 se monte déjà à... 1,093 % du PIB pour 25 Etats.

La révolte des eurodéputés n'est pas anecdotique puisqu'elle bloque le futur budget de l'Union, qui requiert l'aval du Parlement. Après six mois de crise marqués par des polémiques sur le rabais britannique et le coût de la politique agricole commune, la négociation se trouve donc rouverte. Les eurodéputés espèrent regonfler le budget à 1,06 % du PIB, comme l'avait proposé en juin 2005 la présidence luxembourgeoise de l'Union.

Paquet financier. Il est douteux qu'ils y parviennent. Au mieux, le Conseil pourrait lâcher quelques milliards de plus, comme il l'avait fait en 1999 pour le précédent paquet financier, pour atteindre 1,05 %. Selon le chancelier autrichien, Wolfgang Schüssel, qui préside l'Union depuis le 1er janvier, la marge de manoeuvre ne dépasse pas «1 à 4 milliards» d'euros. Le Parlement osera-t-il aller à la crise pour obtenir plus ? On peut en douter.