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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
- Renouer
le "Paquet fado"
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Obnubilés
par leur dogme de la "compétition", les
gouvernements ont oublié le titre complet qu'ils
avaient donné - en 2000, lors du sommet européen
au Portugal - à la stratégie dite "de
Lisbonne". Il s'agissait pourtant alors de faire de
l'Union, à l'horizon 2010, "l’économie
de la connaissance la plus compétitive et la plus
dynamique du monde, capable d’une croissance économique
durable accompagnée d’une amélioration
quantitative et qualitative de l’emploi, d’une
plus grande cohésion sociale et d'un respect de
l'environnement". Quinze mois plus tard, le sommet de
Göteborg couplait même cette stratégie à
un objectif de développement durable intégrant
ainsi le protocole de Kyoto et l'agenda social. Faire rimer
modernisation de l'économie avec cohésion
sociale par la création d'emplois qualifiés,
l'innovation technologie "propre" et le
développement de la connaissance : les objectifs
théoriques du paquet lisboète n'étaient
pas indignes…
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On
comprend dès lors la dureté avec laquelle les
Verts ont jugé les conclusions du sommet européen
de fin mars 2005 qui faisait le point de cette stratégie
à mi-parcours. Car 5 ans plus tard, exit la
complémentarité des trois piliers initiaux :
seule l'économie a été mise en avant, en
tournant le dos au social et à l'environnement. Dans
l'explosion de la bulle boursière "internet",
la Commission en est revenu à ses recettes
industrielles rances de libéralisation et de dumping
tout azimut. Le 2 février dernier, José Manuel
Barroso, reconnaissant "qu’à mi-parcours,
les objectifs sont encore loin d’être atteints",
s'était attiré de "vertes critiques"
en prônant une réorientation de la stratégie
sur "la croissance avant tout", dont on sait à
quelle point elle s'embarrasse peu de clauses sociales et
environnementales. Pour rompre avec un "Lisbonne"
qui asservirait l'Europe au monopoly de l'OMC, il faut,
d'urgence, renouer le paquet initial.
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La
réplique écologiste est venue d'une importante
réunion tenue, début mars, à Luxembourg,
entre de nombreux parlementaires Verts nationaux et européens.
Elle s'articule autour d'une critique en règle des
schémas économiques obsolètes que Conseil
et Commission entendent prolonger après un lifting
sémantique de pure forme. Elle s'appuie ensuite sur un
réseau parlementaire Vert paneuropéen chargé,
selon l'eurodéputé Vert luxembourgeois Claude
Turmes, "de renforcer la coopération entre nous
afin d'améliorer les échanges d'informations et
renforcer notre capacité à agir". Cette
"contre-stratégie" dégage surtout des
priorités fortes et nouvelles pour l'Union,
récapitulées dans "l'Agenda Vert de
Lisbonne" (à lire sur internet :
www.greens-efa.org).
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Il
s'agit, avant tout, pour les Verts, de remettre l'Humain au
centre du processus, en demandant aux États membres de
s'engager sur des objectifs concrets - quantitatifs et
qualitatifs - en termes d'emploi, notamment en gommant les
disparités Homme/Femme. Pour cela, les écologistes
misent sur les nouveaux gisements d'emploi de l'éco-économie.
Claude Turmes, spécialiste parlementaire des questions
de recherche, précise "que ces éco-technologies
ne se limitent pas aux énergies renouvelables. Elles
touchent aux transports, à l'agriculture durable, à
la nourriture saine, à l'aménagement "doux"
du territoire, aux produits électroniques économes
en ressources, à la chimie "verte"…".
Bref toutes les technologies alternatives que pourrait
notamment promouvoir la future Directive Reach, en poussant au
respect de l'air, de l'eau, des sols, de la chaîne
alimentaire… et des budgets sanitaires aujourd'hui
colossaux. Claude rappelle que "le rapport 2004 sur la
politique environnementale de l'Union confirme que la
"révolution de l'éco-efficacité"
est un deal "gagnant/gagnant/gagnant" pour
l'environnement, l'emploi et la compétitivité.
L'éco-industrie emploie déjà plus de 2
millions de personnes dans l'Union, et sa progression est de 5
% par an, soit bien plus que le reste de l'économie
continentale…"
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À
l'heure où l'Union réfléchit à ses
"Perspectives Financières" il faut en
revenir aux sources de la "stratégie de Lisbonne"
qui entendait, à travers l'éducation, la
formation à long terme, la recherche et le
développement de techniques innovantes, "investir
dans le peuple européen".
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Claude
: cturmes@europarl.eu.int
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