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Gérard
ONESTA Député Vert européen, Vice
Président du Parlement européen
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À
langues déliées
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Vingt.
C'est le nombre de langues officielles du Parlement européen,
qui se présente souvent comme une "Babel réussie".
Vingt cabines d'interprétation, ça peut paraître
beaucoup au regard d'autres institutions internationales qui
n'en ont que six comme à l'ONU, ou deux comme au
Conseil de l'Europe. Mais c'est peu par rapport à la
réalité linguistique d'un continent qui se
prétend à la pointe de la défense de la
diversité. Sans compter que, comme le souligne Jordi
Vera, Secrétaire Général du Bloc Catala,
le choix de ces vingt langues privilégiées est
discutable : "ce sont des langues d'état imposées
par les gouvernements, elle favorisent par exemple les 400 000
locuteurs maltais, en niant l'existence de 9 millions de
locuteurs catalans..."
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Jusqu'alors
purement banni de l'hémicycle - le micro de l'orateur
était automatiquement coupé - l'emploi de
langues dites "minoritaires" (!) a donné lieu
à de savoureux incidents de séance plénière
: ainsi, en septembre, persuadé que le député
ALE des Baléares, Bernat Joan i Mari, allait "passer
en force" et s'exprimer dans son catalan natal, le
présidence de séance lui a coupé la
parole en entendant que Bernat ne s'exprimait pas en espagnol.
Hilarité générale dans l'hémicycle
- et excuses confuses de la présidence - quand Bernat a
fait remarquer qu'il venait de s'exprimer de façon
"licite"...en parfait allemand !
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Mais
en octobre dernier, grâce à une décision
défendue par Gérard Onesta au Bureau du
Parlement, une petite révolution a cependant eu lieu :
les langues non officielles sont désormais "tolérées".
Un député peut ainsi s'exprimer dans le langage
de son choix, mais sera prévenu par le Président
de séance que ses paroles ne seront ni interprétées,
ni reproduites au compte-rendu, même pas sous forme d'un
texte traduit en langue officielle qu'aurait fourni le député.
Pour être toutefois compris par ses collègues et
voir ses propos repris, l'astuce, pour le député
frondeur, consiste à diviser son temps de parole
imparti en deux, et de traduire aussitôt oralement
lui-même, dans une langue officielle, ses propres mots.
C'est ainsi que pour la première fois en novembre, le
gallois a longuement résonné dans l'hémicycle,
par la voix de la députée ALE Jill Evans.
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Devançant
les futurs moyens de diffusion de ces compte rendus - qui vont
bientôt être disponibles non plus sur papier, mais
sur DVD, et un jour "on line" sur internet - Gérard
a fait acter par le Bureau que les pistes de son "non
officielles" ne seront pas effacées. Bientôt
donc, des millions de citoyens européens pourront voir
et entendre la Loi européenne directement élaborée
au travers de leur propre culture...
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Pour
Jordi Vera, ces avancées sont bonnes à prendre,
mais il fait remarquer "qu'elles n'ont pas l'ambition de
la proposition du premier Ministre espagnol - qui vient de
demander au Conseil que le basque, le galicien et le catalan
accèdent au rang de langues officielles de l'Union -
son homologue irlandais faisant la même démarche
pour le gaélique."
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Jordi
Vera,
Secrétaire général du Bloc
Catala : 20 carrer de la fusteria, 66000 Perpinyà Tél
: +33 (0)4 68 35 34 54 Fax : +33 (0)5 68 35 30 54
info@bloc-catala.com, www.bloc-catala.com
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Bernat
Joan i Mari : bjmari@europarl.eu.int
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Jill
Evans : jevans@europarl.eu.int
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