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Carré
d'Europe N°16 – AUTOMNE 2003 L'Europe vue
d'Aquitaine L'université de Bordeaux, avec ses échanges d'étudiants avec des facultés américaines ou canadiennes, était parmi les pionnières. C'est en s'appuyant sur l'évidente réussite de ce genre de partenariat intercontinental, que l'Union Européenne a décidé de passer à la vitesse supérieure. Avant l'été, à la quasi-unanimité, le Parlement Européen a adopté, en première lecture, l'ouverture du programme ERASMUS à la planète entière. Lancé en 1987, ce programme va fêter cette année son millionième étudiant bénéficiant de cette bourse spéciale qui permet d'aller passer une année d'étude supérieure dans une université étrangère. Jusqu'alors réservé aux échanges au sein de l'Union, ou en direction des pays candidats à l'adhésion, Erasmus deviendra au 1er janvier 2004 "Erasmus Mundus" et permettra l'accueil et l'envoi d'étudiants, de et vers, tous les continents. Le Parlement - qui a refusé l'appellation trop anglo-saxonne "Erasmus World" - veut, pour ce programme, une dotation financière confortable de 300 millions d'euros pour la période 2004/2008. Jusqu'ici, un jeune aquitain qui voulait terminer son cursus par une magnifique expérience en dehors de l'Union, devait non seulement avoir de gros moyens financiers, mais aussi se lancer dans un parcours du combattant pour trouver un étudiant étranger dans une université d'accueil prête à tenter un tel échange. Être labellisé "Erasmus", ce n'est pas simplement être exempté de frais d'inscription dans une grande école étrangère, ou encore recevoir une dotation pour couvrir tous les frais supplémentaires occasionnés par un tel déplacement. Erasmus, c'est d'abord l'ouverture d'esprit, le gage d'une capacité d'intégration dans un milieu inconnu, et bientôt la reconnaissance de l'acquisition de connaissances de niveau continental... Inclus dans le programme européen SOCRATES, Erasmus, va en effet changer d'échelle mais aussi de nature. L'objectif est d'élever les facultés de l'Union au rang de références pour l'échange intellectuel universitaire mondial. Ainsi Erasmus Mundus devrait déboucher rapidement sur la création de "Mastères UE" (Union Européenne), englobant la 4ème et 5ème année d'études supérieures, qui deviendraient un label universitaire reconnu et prestigieux, globalisant l'éducation à l'européenne. Puisqu'il ne s'agit pas de concurrencer les universités des USA, les Verts ont insisté pour qu'Erasmus ne tombe pas dans le travers américain du "drainage de cerveaux", qui vide le pays en voie de développement de leurs élites. Erasmus, par sa politique basée sur les échanges multilatéraux, doit bâtir une vision coopérative de l'espace scolaire mondial. Le
"Must" d'Erasmus Clin
d'œil L'éducation
en Europe Pour la période 2000/2006, SOCRATES dispose d’un budget de 1,85 milliard d’euros. Il couvre comprend huit actions communautaires, dont ERASMUS : 1.
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